21 avril 2021
Dans le prolongement du deuxième ODD des Nations unies « Éliminer la faim », le 7ème objectif de l’AIVP entend mettre en évidence le rôle essentiel joué par les villes portuaires dans le secteur agroalimentaire. Entre 2014 et le début de la pandémie, le nombre de personnes souffrant de la faim et d’insécurité alimentaire a progressivement augmenté, en partie à cause de la crise lié au Covid-19. En 2020, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde souffraient de la faim (rapport de l’ONU 2022 sur l’état d’avancement des ODD).
Les villes portuaires occupent une place cruciale dans la logistique alimentaire, c’est bien connu, mais elles ont aussi une carte à jouer dans la production alimentaire, notamment avec les produits de la mer. Les ports sont en outre tenus de garantir la qualité et la conservation des denrées alimentaires produites ou transportées. Les activités liées à l’économie bleue comme la pêche, l’aquaculture ou la chaine logistique alimentaire sont au cœur de la relation entre la ville et le port, constituant souvent leur principal point de ralliement.



Pour faire des villes portuaires des acteurs majeurs dans le défi d’une alimentation suffisante et de qualité pour tous, l’AIVP identifie quatre priorités d’action :
La traçabilité des denrées alimentaires tout au long de la chaîne logistique portuaire est un enjeu majeur de sécurité alimentaire et de santé publique. Des technologies comme la blockchain, les capteurs de température connectés, les systèmes de gestion des entrepôts frigorifiques et les outils de suivi en temps réel permettent de garantir l’intégrité des produits du producteur au consommateur. Les ports, en tant que nœuds centraux de la chaîne d’approvisionnement mondiale, ont un rôle déterminant à jouer dans le déploiement de ces systèmes.
Exemple — HLU is HOPE (Lyon, France)
En optimisant la distribution du dernier kilomètre dans la métropole lyonnaise avec des solutions de mobilité bas-carbone, l’Hôtel de Logistique Urbaine améliore la fraîcheur et la traçabilité des produits alimentaires périssables tout en réduisant leur empreinte carbone de livraison.
Le gaspillage alimentaire dans les chaînes logistiques portuaires représente des pertes économiques et environnementales considérables. Des délais de transit trop longs, des ruptures de la chaîne du froid, des conditions de stockage inadaptées : autant de facteurs qui dégradent la qualité des denrées et conduisent à leur destruction. Investir dans des infrastructures frigorifiques performantes, accélérer les procédures douanières pour les denrées périssables et développer des systèmes d’alerte sur les risques de dégradation sont des leviers directs de réduction du gaspillage alimentaire.
Exemple — Tangier City Port ⭐ LAURÉAT 2024 (Tanger, Maroc)
La construction du nouveau port de pêche a amélioré significativement les conditions de travail des pêcheurs artisans et la conservation de leurs captures. Les nouvelles infrastructures réduisent les pertes post-capture qui affectaient traditionnellement la filière, contribuant directement à la réduction du gaspillage alimentaire en mer et à quai.
Les ports ont la capacité de favoriser activement le développement des filières alimentaires courtes, biologiques et équitables à travers leurs politiques commerciales et tarifaires. En réservant des espaces dédiés aux producteurs locaux, en facilitant les démarches administratives pour les petits producteurs, en soutenant les marchés de producteurs dans les zones portuaires et en s’engageant dans des achats responsables pour leurs propres besoins, les ports peuvent devenir des acteurs significatifs de la transition vers un système alimentaire plus juste et plus durable.
Exemple — Saint Louis Nautical Pole (Sète, France)
Le projet valorise la consommation locale de produits de la mer et soutient les activités de pêche traditionnelle qui constituent le cœur de l’identité économique et culturelle de Sète, favorisant ainsi les circuits courts alimentaires et le maintien d’une filière halieutique locale de qualité.
La pêche commerciale est souvent la première activité qui a fondé une ville portuaire, et c’est l’une des premières à souffrir de la pression foncière et de la montée en puissance des activités industrielles et logistiques. L’AIVP appelle à protéger et à renforcer les zones portuaires dédiées à la pêche artisanale et commerciale, à améliorer les infrastructures de débarquement et de première vente, et à soutenir les projets de recherche sur l’aquaculture durable, la pêche à faible impact environnemental et les nouvelles ressources alimentaires marines.
Exemple — Redevelopment of a Multihull Spot (Port-Saint-Louis-du-Rhône, France)
Le projet intègre de nouvelles installations dédiées au port de pêche local, améliorant concrètement les conditions de travail des pêcheurs tout en favorisant la consommation locale de produits de la mer et le maintien d’une filière pêche vivante au cœur du projet de développement nautique.

21 avril 2021

31 mars 2021

27 janvier 2021
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