18 août 2021
Investir dans le capital humain est l’un des principaux objectifs de l’Agenda 2030, le caractère pérenne et durable d’un port reposant sur ses travailleurs et leur satisfaction. Ce vaste objectif englobe la formation continue du personnel portuaire, la sensibilisation des citoyens aux thématiques portuaires, l’égalité des sexes, la protection des droits des travailleurs et la protection sociale, mais aussi l’innovation et de l’industrialisation durables. Le développement personnel est un préalable au développement du capital humain.
Dans de nombreuses villes portuaires, les ports s’associent aux universités pour dispenser des formations aux employés et sensibiliser les habitants des villes portuaires. La réduction des inégalités et la diversification des profils à l’embauche passent par davantage de formations. Un travailleur bien formé aura toutes les chances de garder son emploi dans un contexte de numérisation et d’industrialisation portuaires. L’autorité portuaire doit garantir à ses employés la sécurité de l’emploi dans un environnement sûr et équitable. Avec des employés pleinement satisfaits, le port ne peut qu’avancer.








Pour investir dans le capital humain et permettre aux habitants, aux jeunes talents, aux professionnels et aux entrepreneurs de trouver dans le développement des villes portuaires les emplois nécessaires à leur épanouissement, l’AIVP identifie cinq priorités d’action :
Dans un secteur en mutation rapide — automatisation, transition énergétique, digitalisation des opérations — la formation tout au long de la vie n’est pas un luxe mais une nécessité. Les ports doivent s’associer aux organismes de formation, aux chambres de commerce et aux collectivités locales pour développer des parcours de formation adaptés aux besoins réels du secteur, accessibles aux travailleurs en activité comme aux demandeurs d’emploi. Ces initiatives contribuent à l’attractivité du territoire et à la réduction des inégalités dans les quartiers portuaires.
Exemple — Connecting to Grow (Bahía Blanca, Argentine)
Dans le cadre du Plan Blanc 2030, le port a lancé des programmes de formation en technologie numérique, ingénierie environnementale, électrotechnique et chaudronnerie. Près de 200 personnes formées en une seule phase, avec des retombées directes sur l’employabilité locale et l’encouragement à l’entrepreneuriat dans les communautés riveraines du port.
Les ports ont longtemps été des environnements de travail peu diversifiés — en termes de genre, d’origine sociale et de formation initiale. Cette homogénéité est un frein à l’innovation et à l’adaptation. Diversifier les profils des travailleurs et des cadres portuaires, faciliter les passerelles entre le port et les autres secteurs économiques, garantir l’égalité de traitement et l’absence de toute discrimination : ces engagements sont à la fois des impératifs éthiques et des leviers de performance. Les transferts de compétences entre secteurs — du numérique vers la logistique, de l’environnement vers le port, de la culture vers la communication portuaire — sont particulièrement fertiles.
Exemple — Green Alat (Baku, Azerbaïdjan)
Le RoboPort STEM Lab a été conçu spécifiquement pour former de jeunes filles à l’intelligence artificielle, au développement logiciel et à l’ingénierie portuaire — dans une ville où un tiers de la population a moins de 18 ans. Cette initiative de diversité de genre pionnière prépare une nouvelle génération à des carrières dans le secteur maritime.
La transition vers des ports intelligents et durables suppose un renouvellement profond des compétences techniques disponibles sur les territoires portuaires. Maîtrise des systèmes d’alimentation électrique à quai, gestion des énergies renouvelables, programmation des systèmes de gestion automatisée des terminaux, déploiement de capteurs environnementaux, analyse des données de trafic : ces compétences doivent être développées localement, en lien étroit avec les universités et les centres de recherche spécialisés. Sans ces ressources humaines qualifiées, les ports ne pourront pas pleinement bénéficier des technologies de transition disponibles.
Exemple — Green Alat (Baku, Azerbaïdjan)
Le projet prépare activement la communauté d’Alat aux métiers d’avenir d’un port en pleine transformation vers la neutralité carbone, en proposant des formations aux technologies vertes et intelligentes dans le cadre de la stratégie environnementale globale du Port de Bakou.
Le fossé entre la recherche académique et les besoins opérationnels du secteur portuaire est souvent un frein à l’innovation. Les universités développent des connaissances avancées sur la logistique, le commerce maritime, la transition écologique ou l’urbanisme portuaire sans toujours trouver d’applications concrètes. À l’inverse, les ports font face à des défis complexes sans disposer des ressources pour les analyser en profondeur. Les dispositifs de collaboration structurés — chaires industrielles, conventions de partenariat, programmes de stage et d’alternance — sont des ponts indispensables entre ces deux mondes.
Exemple — The PIER — Halifax Seaport (Halifax, Canada)
L’écosystème du PIER réunit start-ups, universités, grandes entreprises de transport mondial, leaders industriels et décideurs gouvernementaux autour de défis logistiques communs. Des hackathons, des sessions ‘lunch and learn’, des journées étudiantes et des programmes de défi ouvert permettent aux chercheurs et aux étudiants de travailler directement sur des problèmes réels du secteur portuaire.
L’innovation ne se décrète pas : elle se cultive dans des espaces physiques conçus pour favoriser les rencontres, le partage de connaissances et l’expérimentation rapide. Les halles technologiques, les espaces de co-working, les learning centers et les Port Centers sont des équipements structurants pour l’écosystème d’innovation des territoires portuaires. Ils permettent à des acteurs aux cultures très différentes — techniciens, designers, chercheurs, entrepreneurs, artistes — de travailler en proximité et de créer des projets hybrides impossibles à imaginer dans des structures sectorielles cloisonnées.
Exemple — The PIER — Halifax Seaport (Halifax, Canada)
Ancien entrepôt portuaire transformé en espace d’innovation doté d’une salle de classe, de salles de réunion modulables, d’un mur de présentation audiovisuel et de zones de collaboration ouverte. Plus de 50 membres — de la multinationale à la PME — l’utilisent pour développer et tester des solutions logistiques innovantes pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.

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