Préparer les villes portuaires aux conséquences du changement climatique

Le changement climatique est sans doute le plus grand défi environnemental de notre temps. Les habitants des régions côtières du monde entier doivent faire face à une conjugaison de menaces, allant de l’élévation du niveau de la mer à l’intensification des tempêtes en passant par une multitude d’autres enjeux liés au changement climatique.

Les villes et les ports doivent se concerter pour anticiper et atténuer les conséquences du changement climatique sur les villes portuaires maritimes et fluviales.

Acteurs essentiels de la société mondialisée, les ports doivent intégrer à leurs politiques des mesures d’adaptation et de mitigation. Ils doivent aussi se rapprocher des communautés environnantes et des autres acteurs afin de proposer des solutions pour l’interface Ville Port et pour les liaisons avec l’hinterland.

L’AIVP estime que la complexité de la situation appelle à la mobilisation de la communauté scientifique, des décideurs politiques, des autorités portuaires et des différents acteurs, et nécessite des solutions financièrement viables qui prennent en compte les préoccupations environnementales et sociales.

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01 - Pas de pauvreté
07 - Énergie propre et d’un coût abordable
09 - Industrie, innovation et infrastructure
11 - Villes et communautés durables
13 - Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
14 - Vie aquatique

Les objectifs de cet engagement

Pour anticiper les conséquences du changement climatique sur les villes portuaires maritimes et fluviales, l’AIVP identifie cinq priorités d’action :

La prévention conjointe Ville-Port des phénomènes de submersion et d'inondation, intégrée dès l'élaboration des documents de planification stratégique, associée à une politique foncière adaptée.

La planification conjointe Ville-Port est une condition sine qua non d’une résilience efficace face aux risques d’inondation et de submersion marine.

Les documents de planification stratégique — schémas de cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme, plans de prévention des risques littoraux — doivent intégrer dès leur conception les données de vulnérabilité climatique des zones portuaires.

Cela suppose un dialogue étroit et continu entre les autorités portuaires et les collectivités, pour que les décisions foncières ne créent pas de nouvelles expositions au risque. La création de zones tampons, l’élévation des niveaux de protection des quais et la définition de règles de constructibilité adaptées sont autant de leviers à activer conjointement.

Exemple — Bekkelagsbadet (Oslo, Norvège)
Le terrain de l’ancien terminal à conteneurs a été modelé pour gérer les eaux de ruissellement lors de pluies extrêmes, avec des bassins de rétention intégrés harmonieusement dans le paysage du parc public — un aménagement qui conjugue résilience climatique et qualité de l’espace public.

La restauration de l'environnement naturel des berges et du littoral, afin de ralentir l'érosion et de limiter l'impact des tempêtes.

Les écosystèmes naturels littoraux — mangroves, zones humides, herbiers marins, végétation des berges — constituent des boucliers naturels d’une efficacité éprouvée contre l’érosion côtière et l’impact des tempêtes. Leur restauration active est à la fois moins coûteuse et plus durable que la plupart des solutions d’ingénierie conventionnelles. Les ports, qui ont souvent contribué à la dégradation de ces milieux, ont une responsabilité particulière dans leur restauration. Il s’agit d’une approche dite de « solutions fondées sur la nature » que l’AIVP appelle à généraliser dans les stratégies ville-port.

Exemple — Duwamish River People’s Park (Seattle, États-Unis)
Restauration de 6 hectares d’estuaire et plantation de plus de 25 000 arbres, arbustes et plantes marécagères indigènes sur les rives de la Duwamish, anciennement lourdement contaminées par l’activité industrielle. Le renforcement des berges a permis le retour du saumon chinook, espèce emblématique et menacée.

La mise en place de systèmes d'alerte précoce, afin de réduire les conséquences humaines et économiques des phénomènes climatiques exceptionnels.

Les événements climatiques extrêmes — crues soudaines, submersions marines, tempêtes violentes — peuvent survenir avec une rapidité qui laisse peu de temps pour réagir. La mise en place de systèmes d’alerte précoce, intégrant données météorologiques, niveaux d’eau et modèles de prévision, est indispensable pour déclencher en temps utile les procédures d’évacuation, de protection des infrastructures et de sécurisation des opérations portuaires. Ces systèmes doivent être partagés entre le port et la ville, avec des protocoles communs d’activation et de communication vers les habitants.

Exemple — La Baie des Rois (Libreville, Gabon)
Le projet intègre des systèmes de traitement et de rétention des eaux pluviales pour prévenir les inondations côtières dans une ville à forte croissance urbaine, dont les infrastructures peinent à absorber les épisodes de pluies intenses liés au changement climatique.

La prise en compte des autres conséquences du changement climatique — sécheresses, températures élevées — sur les systèmes portuaires, les chaînes d'approvisionnement et les conditions de travail.

 Le changement climatique ne se limite pas à la montée des eaux. Les sécheresses prolongées peuvent réduire les tirants d’eau dans les voies navigables intérieures, perturbant l’approvisionnement des ports fluviaux. Les vagues de chaleur imposent de nouvelles contraintes sur les conditions de travail des dockers et des agents portuaires, et peuvent affecter la conservation des marchandises périssables. Les aménagements extérieurs des zones portuaires doivent intégrer des dispositifs de confort thermique — végétalisation, ombrières, matériaux réfléchissants — pour rendre ces espaces praticables même lors d’épisodes caniculaires.

Exemple — Redevelopment of Cartagena’s Seafront (Cartagena, Espagne)
Installation de pergolas mobiles et fixes avec végétation méditerranéenne pour apporter de l’ombre naturelle et atténuer les effets des fortes températures sur les usagers de l’espace public portuaire — une réponse directe à l’intensification des canicules en Méditerranée.

L'intégration de la résilience et de la neutralité carbone comme priorités dès la conception et l'exploitation des installations portuaires et urbaines, grâce aux technologies les plus récentes de réduction des émissions et de capture/stockage du CO₂.

La résilience climatique et la neutralité carbone ne sont pas deux objectifs séparés : ce sont deux faces d’une même exigence de transformation. Un port qui réduit ses émissions contribue à ralentir le changement climatique qui menace ses propres infrastructures. La conception bioclimatique des bâtiments portuaires, l’intégration de sources d’énergie renouvelable, le remplacement des équipements thermiques par des solutions électriques, et le déploiement de technologies de capture du CO2 sont autant de leviers qui doivent être intégrés dès la phase de conception des projets, et non ajoutés en correctif.

Exemple — Green Alat (Baku, Azerbaïdjan)
Le projet s’inscrit dans la stratégie de neutralité carbone 2035 du Port de Bakou — premier port d’Asie centrale à avoir obtenu une certification Eco-Port. Il combine EcoParc, pratiques de construction durable et programme de réduction des émissions pour faire de ce port un modèle de développement sobre en carbone.

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