Actualités du réseau , OpinionsPublié le 10 juin 2020

Supply Chain mondiale, villes portuaires post-pandémie et futur rôle du waterfront

Nous avons invité le Dr. Zaheer Allam à commenter la discussion du 1er webinaire de l'AIVP "Comment planifier les waterfronts après le Covid-19 ?" Dans cet article, il soulève de nouveaux points à prendre en considération pour les plans de relance économique et les effets que la crise de Corona pourrait avoir sur les zones de waterfront. Zaheer souligne également que ce moment est aussi l'occasion de réfléchir aux principes dominants de la planification du waterfront, tels que l'application des technologies intelligentes, et de reconnecter ces zones avec les habitants locaux. L'article est une invitation pour les membres de l'AIVP à poursuivre la réflexion et à améliorer la relation port-ville. Dr. Zaheer Allam is member of the Network of Experts of AIVP À mesure que l’épicentre du coronavirus suivait la course du soleil et se déplaçait d’Est en Ouest, la chaîne logistique mondiale tentait de résister aux secousses. D’abord la Chine, la première puissance industrielle mondiale, a été mise en quarantaine, privant le monde d’un approvisionnement régulier en marchandises (lequel n’avait jamais été interrompu au cours des dernières décennies), et occasionnant de surcroit une crise de l’offre et de la demande au sein du pays lui-même. Alors que les régions entraient les unes après les autres en confinement, les usines s’efforçaient de déterminer leur potentiel de production. Elles ont dû réévaluer leur capacité ou bien se réinventer pour répondre à une demande locale devenue plus pressante tout en cherchant à honorer leur carnet de commandes mondial. Puis, à mesure que le virus a commencé à se propager au cours des semaines et des mois qui ont suivi, d’autres pays ont fermé leurs frontières tandis que les villes chinoises entamaient leur déconfinement. La Chine était prête à relancer sa production et à reprendre l’approvisionnement, dans un marché international paralysé. D’ici quelques années, les étudiants des filières logistiques résumeront la situation en deux mots : un double choc d’offre et de demande. Quelle en est la raison ? La mondialisation a entraîné la création de pôles de production centralisés, qui apparaissent aujourd’hui dépourvus d’intelligence de long terme. Les effets du coronavirus ne sont pas provisoires et ils vont modifier en profondeur le paysage politique et économique mondial. Les villes portuaires, en tant qu’intermédiaires entre la supply chain mondiale et les chaînes logistiques locales, pourvoyeuses d’emplois et garantes de la qualité de vie de leurs habitants et usagers, sont directement concernées. Elles ont d’ailleurs déjà commencé à se réorganiser et en profitent pour revoir les protocoles et les ressources dont elles disposent tout en reconsidérant leur rôle dans l’économie et la société. L’un des rôles essentiels de la ville portuaire, souvent sous-évalué, est celui du stockage des marchandises, préalablement à leur distribution, en gros ou au détail, vers différentes destinations. Le coronavirus a, peut-être plus que jamais, mis ce rôle en avant. Avec une Chine mise en quarantaine, on a vu des images où les gens se précipitaient dans les supermarchés, allant même jusqu’à jouer des poings dans certains rayons. Cette tension a suscité des inquiétudes de pénuries alimentaires à l’échelle mondiale, y compris pour des produits comme le papier toilette dont la demande s’est avérée motivée davantage par des facteurs psychologiques plutôt que par des besoins réels. Quelques mois de « rupture » de la chaîne, cela peut sembler très court si l’on regarde le tableau dans son ensemble,…

Cet article est réservé aux adhérents de l’AIVP

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