InterviewsPublié le 21 avril 2022

Ceuta (Espagne) : protéger la biodiversité portuaire

Des zones de haute valeur écologique relevant du réseau européen Natura 2000 sont présentes dans un rayon de 3km sur le territoire du Port de Ceuta. La protection de la biodiversité terrestre et marine est de fait un enjeu majeur pour le port et il a engagé différentes actions pour y répondre. Il est par la même pleinement en phase avec l’Objectif 10 « Protéger la biodiversité » de l’Agenda AIVP 2030, agenda dont il est l’un des signataires. Nous avons dès lors souhaité en discuter avec Cristina Molina Ferrie Responsable de l'Environnement et Jorge Vidal Madrigal, Chef de la division Conservation, sécurité et environnement de l'autorité portuaire de Ceuta. L'Autorité portuaire de Ceuta est membre de l'AIVP depuis 2019 AIVP – Puertos del Estado a établi en 2005 un programme de recommandations pour les travaux maritimes afin de minorer leur impact sur la qualité de l’eau dans les zones portuaires. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet outil méthodologique et la façon dont vous le mettez en œuvre pour vos infrastructures ? Cristina Molina Ferrie ©Port de Ceuta Jorge Vidal Madrigal ©Port de Ceuta Depuis 2008 l’autorité portuaire de Ceuta étudie et analyse la qualité de l’eau dans la zone portuaire. Ce travail a débuté par une première étape intitulée « Étude de la qualité des eaux portuaires de Ceuta ». Cette étude a ouvert la voie à la création des 6 stations sentinelles actuellement en place. Elle répond à une méthodologie de suivi en continu des bioindicateurs, principalement des composants macrobenthiques à partir desquels évaluer la structure écologique, la composition et l’abondance des espèces, les associations ainsi que les valeurs océanographiques, principalement la température et la chlorophylle A en suspension. Ces études se sont intensifiées en 2009 avec la mise en place de plusieurs Programmes de surveillance environnementale visant à contrôler l’effet des opérations de dragage et des travaux d’aménagement sur l’environnement. De même, d’autres variables telles que la caractérisation microbiologique, la turbidité et les paramètres de la dynamique côtière ont été intégrées au contrôle des eaux portuaires, lequel a été renforcé en 2010 par une étude océanographique des variables physicochimiques dans les zones I et II réalisée au moyen de sondes de mesure en continu capables d’identifier les points de versement et de pollution. Ces actions, menées de manière ininterrompue avec un engagement d’amélioration constante, ont conduit à l’élaboration d’une base méthodologique qui nous a permis de rapidement nous adapter aux recommandations 5.1-13 relatives aux ouvrages maritimes, sur la qualité des eaux côtières dans les zones portuaires, dès 2013. Ainsi, le Port a pu cette année mettre au point des UGAP (unités de gestion des eaux portuaires) selon la méthodologie décrite dans ces recommandations, ainsi qu’une base cartographique que nous continuons d’alimenter en données environnementales. Depuis lors, aux contrôles précédemment énoncés, sont venus s’ajouter des contrôles périodiques de la qualité chimique de l’eau et des sédiments, et l’équipement dédié à la collecte en continu des données physicochimiques a été amélioré. Ces dernières années, les contrôles de la qualité des eaux portuaires que nous avons effectués ont outrepassé les recommandations relatives aux ouvrages maritimes grâce à la mise en place de la télédétection à très haute résolution spatiale pour contrôler des paramètres tels que la température, la turbidité des eaux portuaires et la chlorophylle en suspension, ainsi qu’à l’ajout de capteurs de mesure continue de l’oxygène dissous. Navire de croisière amarré au quai d'Espagne ©port de Ceuta AIVP – Vous avez lancé un programme de « Stations sentinelles » afin de permettre le contrôle et le suivi de la qualité des eaux portuaires. Quels sont ses objectifs et son contenu ? Ce système consiste à mettre en œuvre une méthodologie pionnière de suivi environnemental reposant sur le contrôle de bioindicateurs. Ces bioindicateurs comprennent des espèces dont les caractéristiques écologiques, la singularité et la sensibilité aux perturbations sont telles qu’elles sont capables de donner des indications sur l’état de l’environnement. L’échantillonnage benthique réalisé sur chacune des stations repose sur le comptage des espèces contenues dans dix carrés d’échantillonnage ; cinq pour chaque zone (photophiles ou sciaphiles esciáfica). Cette méthode permet d’obtenir un ensemble de données qui font l’objet d’une analyse statistique à chaque fin d’année. La stabilité des populations est également mesurée à partir de l’indice de dominance relative (Ird) qui permet de pondérer les pertes et les gains…

Cet article est réservé aux adhérents de l’AIVP

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