InterviewsPublié le 23 juillet 2020

Papeete (Polynésie française) : concilier relance économique et protection de l’environnement

Papeete se situe sur l’île de Tahiti, en Polynésie française. Alors que le Covid-19 a affecté l’économie locale, le Port a annoncé le 17 juin dernier un plan de soutien aux entreprises polynésiennes. Ce dispositif, dont le montant est évalué à 4 000 000 €, porte sur trois secteurs : l’industrie maritime, le tourisme et les transports interinsulaires. Mais il s’agit aussi d’une opportunité pour concevoir un développement plus durable, et c’est pourquoi l’AIVP a tenu à s’entretenir avec M. Jean-Paul Le Caill, Directeur général du Port autonome de Papeete. Le Port autonome de Papeete est membre de l'AIVP depuis 2013. AIVP - Vous avez annoncé un plan de soutien à l’économie locale, en particulier sur le domaine portuaire. En effet, environ 200 entreprises y sont installées, représentant 5000 emplois directs et indirects. La préservation de l’emploi passe donc nécessairement par le soutien au cluster portuaire. D’autres activités vitales pour la ville de Papeete dépendent du port, comme le trafic de passagers (1,5 à 1,8 millions de passagers par an) et les croisières (45 000 passagers par an). Comment s’est déroulée la pandémie à Papeete et quelles en sont les conséquences pour le port et la ville ? Jean-Paul Le Caill, Directeur général du Port autonome de Papeete - En tant que Capitale de la Polynésie française, Papeete regroupe toutes les institutions politiques (Assemblée de la Polynésie française, Gouvernement, Haut-commissariat de la République en Polynésie française qui est la représentation de l’Etat, le Conseil économique, social, environnemental et culturel de la Polynésie française). Papeete est un centre administratif qui regroupe aussi la majeure partie des infrastructures économiques et industrielles avec 3 pôles, tous situés en périphérie : la zone industrielle de Tipaerui, celle de Titioro et la plus importante, la zone portuaire dont fait partie le Port autonome de Papeete. La ville de Papeete est également un pôle éducatif majeur en Polynésie, avec plus de 20 écoles maternelles et primaires (publiques et privées), 6 collèges, 2 lycées, une université privée et des centres de formation. Avec 190 000 habitants, l’île de Tahiti correspond à une ville française de taille moyenne. Tous les jours, la capitale, qui compte 27 000 habitants en temps normal, voit sa population multipliée par 5. Même une partie de la population de Moorea, l’île sœur située à 15 km de Tahiti prend quotidiennement la navette pour se rendre sur Papeete. Le confinement général décrété à compter du 21 mars 2020 a provoqué l’arrêt brutal de toute activité dans la ville, avec la fermeture de la plupart des commerces (restaurants, cinémas, bars, magasins, etc.), des écoles, des entreprises, des parcs publics, etc. Dès avril, au plus fort de la crise, 85 % des entreprises n’avait quasiment plus d’activité avec une contraction du chiffre d’affaires d’au moins 75 % pour 9 entreprises sur 10 dans le secteur du tourisme. A l’exception de la grande distribution, toutes les entreprises ont subi une dégradation considérable de leur trésorerie en avril et en mai. Le secteur de la croisière a été le plus durement impacté, avec un arrêt instantané et complet de toute activité. Si le confinement général est intervenu le 21 mars 2020, ce secteur a cessé toute activité dès le 11 mars, avec une interruption des croisières en cours, le retour au quai de Papeete des navires et le rapatriement des passagers vers leur pays d’origine. Dans le secteur du transport maritime entre Tahiti et Moorea, la contraction du chiffre d’affaires a été de 90…

Cet article est réservé aux adhérents de l’AIVP

Intégrez le premier réseau mondial dédié aux relations ville-port et bénéficiez de services exclusifs comme notre Veille Stratégique.

Nous contacter