OpinionsPublié le 1 mars 2021

Les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien face à l’élévation du niveau de la mer

Jean-Marc Beynet, Aménageur des ports et du littoral. Article basé sur l’ouvrage « La vie des îles autour du monde – Naissance, histoire, présent, futur probable » de Jean-Marc Beynet, à paraître prochainement chez Nombre7 Editions à Nîmes (France). La plupart des îles font rêver, car elles invitent au voyage, à la navigation, à la découverte. Le temps s’écoulerait-il moins vite ici que sur les continents ? Quand et comment les îles sont-elles nées ? A quelle époque et de quelle manière se sont-elles peuplées ? Quelles sont les légendes et croyances des insulaires ? Quelle est leur philosophie de la vie ? Et quel sera le futur de ces îles et de leurs populations, si l'on tient compte de l'élévation du niveau de la mer dans les décennies à venir ? De nombreux enseignements peuvent être tirés des îles du Sud-Ouest de l’Océan Indien, composées des Mascareignes (Maurice et la Réunion), ainsi que Madagascar, des Comores, Mayotte et des Seychelles. Ces terres insulaires trouvent leur origine dans la géologie et le volcanisme. Elles se prêtent donc bien à l’analyse prospective des impacts de l’élévation future du niveau de l’océan sur les îles et leurs populations, en tenant compte du dernier rapport du GIEC (septembre 2019) ainsi que des études plus récentes qui contribueront à alimenter le prochain rapport du GIEC attendu pour septembre 2021. On peut baser cette analyse sur la théorie astronomique de Milankovitch qui permet d’expliquer les grandes variations climatiques des cycles glaciaires. Ainsi, le climat se réchauffant peu à peu depuis la dernière période de glaciation, le niveau de la mer s’est élevé de 120 mètres depuis le pic de cette glaciation il y a 20 000 ans environ. Mais depuis l’ère Anthropocène , l’emballement des activités industrielles dérègle le climat, augmente les températures et accélère l’élévation du niveau des mers et océans. Cette élévation moyenne était de 0,3 mm/an au XVIIIe siècle avant l’ère industrielle, 0,4 mm/an au XIXe siècle, puis 1,7 mm/an au XXe siècle, et enfin 3,5 mm/an entre 2004 et 2015. A la fin du XXIe siècle, elle pourrait être de l’ordre de 8 à 16 mm/an dans le pire des scénarios, celui dans lequel l’émission des gaz à effet de serre continuerait à augmenter…

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