Créer de bonnes conditions de vie, une priorité pour les villes portuaires

En dehors des effets bénéfiques qu’il apporte à la ville sur le plan économique, le port est souvent perçu comme une source d’externalités négatives. La qualité de la relation Ville Port, au cœur des thèmes chers à l’AIVP, repose beaucoup sur la capacité du port à garantir un environnement sûr et sain à ses travailleurs et aux personnes qui vivent à sa proximité. Cela passe d’abord par la mise en place d’un système de surveillance indépendant et transparent de la qualité de l’air et de l’eau ainsi que de la pollution sonore, olfactive, du sol et lumineuse. 

Ces éléments de mesure vont permettre au port de connaître les nuisances dont il est à l’origine et d’agir en conséquence. Si les nuisances dépassent le niveau recommandé, il faudra investir dans des équipements portuaires plus verts, instaurer de nouvelles réglementations et prendre des mesures de dépollution. 

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03 - Bonne santé et bien-être
06 - Eau propre et assainissement
11 - Villes et communautés durables
12 - Consommation et production responsables

Les objectifs de cet engagement

Pour améliorer le cadre de vie des populations dans les villes portuaires et préserver leur santé, l’AIVP identifie cinq priorités d’action :

Une mesure indépendante et transparente de la qualité de l'air, de l'eau des bassins, des niveaux sonores et de la pollution lumineuse sur le territoire Ville-Port.

La surveillance environnementale indépendante est le prérequis de toute amélioration réelle de la qualité de vie dans les zones portuaires. Sans données fiables et publiques, les riverains ne peuvent pas évaluer l’évolution de leur situation, les décideurs ne peuvent pas fixer des objectifs d’amélioration mesurables, et les opérateurs portuaires n’ont pas d’incitation à réduire leurs impacts. Les réseaux de capteurs environnementaux fixes ou mobiles, les ballons de mesure de la qualité de l’air, les bouées de surveillance de la qualité de l’eau : ces dispositifs existent et doivent être déployés systématiquement dans les zones portuaires. 

Exemple — Istanbul Galataport (Istanbul, Turquie)
La qualité de l’eau de mer, les niveaux de particules et de poussières et les niveaux sonores sont mesurés trimestriellement. L’écologie marine fait l’objet d’un monitoring annuel. Ces données permettent d’évaluer en continu l’impact environnemental réel du projet et d’ajuster les mesures de protection.

L'optimisation de la consommation et de la gestion d'eau douce et d'eau de mer dans les ports.

Les ports sont de grands consommateurs d’eau : nettoyage des terminaux, lutte contre l’incendie, processus industriels, espaces verts, sanitaires pour les équipages. Dans un contexte de stress hydrique croissant dans de nombreuses régions côtières, l’optimisation de la consommation d’eau est devenue un impératif économique et environnemental. La récupération des eaux pluviales, la réutilisation des eaux grises, l’adoption de pratiques d’irrigation raisonnées et le déploiement de capteurs de fuite permettent de réduire significativement la consommation d’eau des zones portuaires. 

Exemple — Redevelopment of a Multihull Spot (Port-Saint-Louis-du-Rhône, France)
Le hub nautique intègre des systèmes intelligents d’économie d’eau dans sa conception même, avec des pratiques vertes pour la gestion des ressources hydriques tout au long du cycle de vie des installations — une approche cohérente avec la situation du territoire dans le delta du Rhône, zone à enjeux écologiques forts.

Le soutien au développement d'équipements portuaires moins polluants.

L’évolution des équipements portuaires vers des technologies moins polluantes est à la fois techniquement possible et économiquement rentable sur le long terme. Engins de manutention électriques ou à hydrogène, éclairage LED à faible émission lumineuse, revêtements de quais filtrants, systèmes de captation des poussières, matériaux absorbants dans les zones de chargement de vracs : la palette des solutions disponibles est large. L’accompagnement des opérateurs portuaires dans cet investissement — par des mécanismes de financement adaptés, des obligations réglementaires progressives et des certifications environnementales valorisantes — est une priorité. 

Exemple — Istanbul Galataport (Istanbul, Turquie)
Les systèmes de climatisation des bâtiments sont alimentés par l’eau de mer, éliminant l’usage de gaz réfrigérants à fort potentiel de réchauffement climatique. Les toits végétalisés réduisent l’effet d’îlot de chaleur urbain. L’ensemble du projet a été conçu pour minimiser son empreinte environnementale à chaque étape, de la construction à l’exploitation quotidienne.

Une politique commerciale récompensant les navires les moins polluants et ceux naviguant à basse vitesse à l'approche des villes portuaires.

Les droits portuaires et les politiques tarifaires sont des outils puissants pour influencer le comportement des armateurs et des compagnies maritimes. En modulant les taxes d’accueil en fonction des performances environnementales des navires — émissions de SOx, NOx et CO₂, niveau sonore, présence d’un système de traitement des eaux de ballast — les ports peuvent créer des incitations économiques significatives à la décarbonation de la flotte mondiale. Des systèmes comme le Green Award ou les indices environnementaux ESI sont déjà utilisés par plusieurs grands ports dans ce sens. 

Exemple — Port of Montreal’s Grand Quay (Montréal, Canada)
La rénovation complète du terminal intègre l’alimentation électrique à quai (shore power) pour les navires de croisière, leur permettant de couper leurs moteurs auxiliaires dès l’amarrage. Cette technologie réduit directement les émissions de gaz polluants dans l’air du Vieux-Montréal, l’un des quartiers historiques les plus fréquentés du Canada.

La régulation de l'activité de croisière en fonction des capacités d'accueil de la ville portuaire, sans compromettre l'équilibre et l'attractivité du territoire.

Le tourisme de croisière peut représenter une opportunité économique significative pour les villes portuaires, mais il génère aussi des pressions importantes sur les centres historiques, les infrastructures urbaines et la qualité de vie des habitants. Définir des seuils d’accueil maximaux en fonction des capacités réelles de la ville, étaler les escales dans le temps, développer des offres de découverte vers l’arrière-pays pour disperser les flux de visiteurs, imposer des normes environnementales strictes aux navires de croisière : autant de leviers que les villes portuaires peuvent activer pour trouver l’équilibre entre attractivité touristique et qualité de vie. 

Exemple — Istanbul Galataport (Istanbul, Turquie)
Le système unique de 176 trappes hydrauliques indépendantes crée une zone douanière temporaire uniquement à l’endroit où le navire est amarré, et libère instantanément le reste du front de mer dès le départ du navire. La ville reprend ses droits sur son waterfront à chaque fin d’escale — une solution technique ingénieuse au défi de la cohabitation croisière-vie urbaine.

Actualités liées à la santé et la qualité de vie

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