OpinionsPublié le 18 janvier 2021

Le « Seuil Ville Port » : une autre conception de l’interface ville port

Dr. Beatrice Moretti, author of the book “Beyond the Port City. The Condition of Portuality and the Threshold Concept” (JOVIS, 2020) Au cours des prochaines semaines, nous nous concentrerons sur l’objectif 8 de l’Agenda 2030 de l’AIVP, concernant l’interface ville-port. C’est à la frontière entre le port et la ville que certains des projets intéressants sont mis en oeuvre, des projets combinant des usages différents et créant de nouvelles synergies. Nous commençons cette discussion par une réflexion du Dr. Beatrice Moretti sur l’interface ville-port. Elle nous propose ici une autre approche fondée sur ses recherches, publiées dans le livre « Beyond the Port City ». The Condition of Portuality and the Threshold Concept » (JOVIS, 2020) ». « L’interface Ville Port est une expression qui n’aurait pas été comprise à l’époque où la ville et le port étaient interdépendants et partageaient une identité commune. […] À mesure que les villes et les ports ont assumé, aux niveaux local, régional et mondial, de nouveaux rôles au sein de systèmes contrastés mais intimement liés et interdépendants, une nouvelle interface Ville Port est apparue […] constituant une source de préoccupation majeure pour de nombreuses personnes et organisations depuis cinquante ans. » C’est en ces termes que Brian S. Hoyle, le géographe spécialiste du milieu maritime, décrit l’existence d’une zone intermédiaire entre la ville et le port qui, prenant en considération la mutabilité des organismes urbains, appelle à la transition et au mouvement. Un territoire parcouru de forces et de flux convergents et divergents et qui résume le caractère et l’identité des communautés et des lieux. On a toujours reconnu à la dimension portuaire une certaine aptitude au changement. En raison des évolutions technologiques et infrastructurelles incessantes et du fait des dynamiques maritime et commerciale mondiales, la structure et la syntaxe de la ville portuaire sont souvent appelées à subir des cycles de transformation en profondeur. Chaque étape du processus doit se construire non seulement sur des vestiges physiques, mais aussi et surtout sur les traces de la mémoire urbaine et humaine venus se superposer au fil des actions successives. Ces traces sont liés essentiellement à la désaffectation de sites et artefacts obsolètes, au renouvellement et à l’assimilation des instruments et mécanismes, ainsi qu’à l’évolution linguistique des codes de la construction. C’est dans ce cadre complexe…

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