InterviewsPublié le 16 juin 2021

Port de Leixões (Portugal) : zéro émission en 2035

L'APDL - Administração dos Portos do Douro, Leixões e Viana do Castelo SA - est en charge de l’administration du Port de Leixões, deuxième plus grand port du Portugal pour le trafic de marchandises, du port de Viana do Castelo, et des voies navigables du fleuve Douro. Le port de Leixões est un moteur économique et logistique pour la région industrielle du Nord du pays. Les deux territoires portuaires s’étendent en milieu urbain, notamment sur la ville de Matosinhos et la région métropolitaine de Porto. Dans cette interview, le Président Nuno Araújo s’explique sur l’engagement de l’APDL en faveur de la transition énergétique et de la réduction de l’empreinte carbone du port. L'APDL est membre de l'AIVP depuis 2018 AIVP – La décarbonisation des activités portuaires est l’une de vos priorités et vous venez d’annoncer votre ambition de devenir le premier port « zéro émission » d’ici 2035. Nous avons lu dans plusieurs communiqués que vous prévoyez d’élaborer une « feuille de route » pour y parvenir.Pouvez-vous nous expliquer comment vous vous préparez à relever ce défi et quelles sont vos motivations et les vecteurs principaux de cette stratégie ? Nuno Araújo, Président de l'APDL – Encerclé par la ville de Matosinhos, le port de Leixões est soumis à une forte pression urbaine. Il est donc nécessaire de trouver un modèle de coexistence basé sur la décarbonisation des activités portuaires qui garantira leur maintien sur le même site et leur compatibilité avec l’environnement urbain. Si nous n’étions pas capables d’apporter une réponse adéquate à ce défi, comment pourrions-nous remplir notre mission première qui consiste à desservir la région du Nord-Ouest de la péninsule et ses grands centres industriels ? Nous n’avons donc eu d’autre choix que de poursuivre la décarbonisation de notre activité et nous lancer dans la transition énergétique. © APDL Les autorités portuaires doivent montrer la voie Si l’on utilise le terme de développement durable, alors il faut être honnête et chercher à apporter de réelles améliorations. On doit pouvoir constater que nos investissements contribuent à la transition énergétique et facilitent la décarbonisation de nos activités. Pour ce faire, notre port doit rester compétitif et la réduction de notre impact sur l’environnement passe par l’amélioration des processus logistiques. Et notre principale stratégie consiste à obtenir des résultats bénéfiques pour l’environnement par la mise en œuvre de projets d’aménagement, de plans de gestion et de solutions technologiques qui améliorent également l’efficacité et la logistique portuaire. Nous sommes convaincus que les autorités portuaires ont un rôle clé à jouer dans l’engagement auprès de la communauté portuaire et la recherche de nouveaux partenariats. La feuille de route La feuille de route pour la transition énergétique et le programme de réduction de l’empreinte carbone que nous sommes en train de mettre en place avec l’assistance d’experts externes comportent deux volets principaux : le diagnostic et le plan d’actions. Le diagnostic, déjà achevé, est une évaluation globale de l’ensemble de nos émissions et de notre consommation énergétique, qui prend en compte l’infrastructure, les équipements et les opérations portuaires, le trafic routier et les activités maritimes. Ce diagnostic a été mené conjointement avec l’ensemble des acteurs en lien avec l'APDL. La deuxième partie est un plan d’actions qui comprend des mesures concrètes et un calendrier. C’est là que l'APDL doit se montrer très active si elle veut parvenir à la neutralité carbone d’ici 2035. Nous sommes conscients qu’il s’agit là d’un objectif très ambitieux qui implique d’atteindre la neutralité carbone 15 ans avant l’échéance fixée ailleurs. Nous savons que nous devons agir sur plusieurs fronts, prendre la tête de l’engagement de la communauté portuaire, passer aux énergies renouvelables, développer des solutions multimodales à l’intérieur de notre territoire, coopérer avec les municipalités, assurer une gestion efficace du territoire portuaire et réduire l’impact de la mobilité et des activités portuaires. AIVP – Pouvez-vous citer quelques exemples de mesures mises en œuvre ? Nuno Araújo, Président de l'APDL - Par exemple, nous cherchons constamment à réduire le délai de traitement des marchandises. La réduction du délai de traitement d’un conteneur, du fait que les camions stationnent moins longtemps dans le port, a aussi des effets directs sur l’environnement. Pour y parvenir, nous devons simplifier nos procédures bureaucratiques et travailler en coordination avec les pouvoirs publics (le contrôle phytosanitaire, les douanes, etc.) afin de trouver des solutions qui permettent d’accélérer le traitement des marchandises. Nous travaillons également sur des nouvelles technologies qui permettront de numériser nos activités. Le trafic sera ainsi fluidifié et nous serons à même de prévoir de manière plus précise l’arrivée des marchandises et d’anticiper d’éventuelles perturbations afin d’éviter les situations qui pourraient avoir des répercussions sur la ville. Cette technologie sera gérée par un centre de traitement des données public, le premier du pays, qui facilitera aussi l’implémentation…

Cet article est réservé aux adhérents de l’AIVP

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